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Ski de randonnée : les erreurs à éviter quand on achète son matériel

Ski de randonnée : les erreurs à éviter quand on achète son matériel

Envie de partir à la découverte de pentes vierges, éloignées de toute remontée mécanique ? Et si vous vous mettiez au ski de randonnée ! Ludovic Faure* est passionné de cette discipline éprise de liberté. Il vous aide à faire les bons choix pour étancher votre soif de grands espaces dans les meilleures conditions.

La première question à se poser : que voulez-vous faire avec vos skis ?

  • De la randonnée loisir, c’est-à-dire de la balade en montée et en descente ? Dans ce cas, vous chercherez un ski polyvalent, avec un bon compromis montée / descente, ceci afin de vous faire plaisir dans des conditions variées (y compris sur les pistes).
  • De la freerando, c’est-à-dire plutôt de belles pentes en poudreuse avec une marche d’approche pas trop longue ? Alors vous rechercherez un ski qui « tient la route » à la descente et le poids aura une importance moindre.
  • Du ski fitness, pour entretenir votre forme de traileur ou de marathonien même en hiver ? Vous passerez plus de temps à monter qu’à descendre, aussi la légèreté sera votre priorité !

Vous pourrez ainsi réduire le champ des possibles à deux ou trois paires de skis, que vous pourrez éventuellement tester, idéalement dans un laps de temps suffisamment réduit pour vous faire un avis objectif dans des conditions similaires (qualité de neige, visibilité, fatigue…).

 

Du neuf ou de l’occasion ?

Étant donné le succès de la discipline, on trouve de plus en plus de skis de randonnée d’occasion sur le marché.

 

Deux erreurs à éviter :

  1. Acheter des occasions qui ont plus de 5 ans. En effet, le matériel a énormément évolué depuis et vous risquez de ne pas trouver de pièces de rechange en cas de casse sur les fixations…
  2. Acheter des skis montés sans vérifier la compatibilité des fixations avec vos chaussures (inserts ou pas ? Épaisseur de la semelle permettant de déchausser en toute sécurité ?).

 

Le choix des fixations : de la cohérence avant tout

 

Il existe deux types de fixations : débrayables - à droite sur la photo (en perte de vitesse en raison de l’évolution des chaussures) - et à inserts - à gauche. Pensez bien à vérifier la construction de vos chaussures avant de passer à la caisse : ce serait dommage d’acheter des fixations à inserts et de vous rendre compte une fois arrivé à la maison… que vos chaussures n’ont pas les fameux inserts !

Vos fixations devront compléter les qualités de votre ski. Ainsi, vous éviterez les grosses fixations débrayables avec un ski ultra-light, tout comme il ne servira à rien d’essayer d’alléger votre ski large avec de petites fixations.

Dernier critère à prendre en compte : la relative facilité à mettre et enlever la cale de montée avec votre bâton.

Il ne restera alors plus qu’à vous positionner : pour ou contre les stop-skis ? Avantage : comme leur nom l’indique, ils stoppent les skis si vous déchaussez. Inconvénient : leur poids.

 

Les chaussures : le plus gros point de vigilance !

Question piège : connaissez-vous VRAIMENT votre pointure ?

 

« Si un client essaie une chaussure et me dit « je suis trop bien dedans ! », je lui réponds systématiquement « alors ça ne va pas du tout ! ».

Ludovic Faure, Mountain Attitude

 

Nous sommes souvent persuadés que nous chaussons une, voire deux pointures de plus que ce que nous chaussons en réalité. Pourtant, même une demi-pointure en trop peut transformer vos rêves de randonnée en une expérience assez désagréable… Ampoules à la montée, manque de maintien (et donc de précision) à la descente : vous réussirez souvent à vous adapter à un mauvais choix de skis ou de fixations, mais vous regretterez toujours amèrement un mauvais choix de chaussures…

Une chaussure travaille énormément. Elle peut paraître serrée au moment de l’essayer en magasin mais se fera à votre pied en quelques sorties. Le bon réflexe : garder vos chaussures une bonne demi-heure aux pieds en magasin avant d’arrêter votre choix.

Une astuce pour les demoiselles aux petits pieds : si vous chaussez du 22,5 ou moins, pensez à réserver vos chaussures une saison à l’avance. Le magasin pourra ainsi les commander pour vous et vous assurer leur disponibilité malgré le peu de petites pointures produites par les marques.

 

Rando ou freerando ? “Rando freeride” ou “freeride rando” ?

 

On choisit ses chaussures comme on choisit ses skis : en fonction de sa pratique. Si vous vous orientez vers des courses longues avec beaucoup de dénivelé positif, vous privilégierez des chaussures légères. Si, au contraire, vous préférez les marches d’approche relativement courtes suivies de grands dénivelés négatifs, vous aurez besoin de chaussures confortables à la descente, avec un bon maintien. Le choix est aujourd’hui énorme… N’hésitez pas à demander conseil à un spécialiste : il saura vous aider à résoudre ce casse-tête !

 

 

 

 

Le saviez-vous ?

 

S’il existe trois normes pour l’épaisseur des semelles (alpine, grip walk et WTR), ce n’est pas le cas pour le flex des chaussures.

Non seulement il est différent d’une chaussure alpine, mais il est variable d’une marque à l’autre. À tel point que la plupart des marques ne communiquent pas sur le flex en rando pure, et de moins en moins en freerando.

 

NYLON, MOHAIR, MIXTE : BIEN CHOISIR SES PEAUX

  • 100% nylon : pour démarrer avec un petit budget. Bonne accroche à la montée.
  • Mixte (environ 65% mohair et 35% nylon) : les plus polyvalentes, pour les pratiquants réguliers. Bonne glisse à la descente et bonne accroche à la montée.
  • 100% mohair : pour les compétiteurs ou les pratiquants en quête de performance. Moins d’accroche en montée, bonne glisse à la descente. Avantage : ces peaux prennent peu de place dans le sac à dos. Inconvénient : elles s’usent plus vite…

Pour ce qui est de choisir entre des peaux avec ou sans colle, le mieux reste de demander conseil à un spécialiste. Vous cherchez des peaux pour tous les jours ? Pour de la compétition ? Pour des voyages dans des conditions extrêmes ? Il saura vous conseiller en fonction de votre usage !

 

Parlons peu, parlons bien : combien ça coûte ?

Ce n’est pas un secret : l’investissement en randonnée est un cran au-dessus du ski alpin classique.

  • Pour une paire de chaussures, comptez de 350 € (entrée de gamme) à 700 € (très haut de gamme). La différence de prix se joue principalement sur les matériaux (ex. plastique VS carbone).
  • Pour une paire de fixations, prévoyez entre 300 et 600 € selon le modèle.
  • La fourchette de prix est bien plus réduite pour les skis : dans la gamme grand public, il n’y a en général plus d’une centaine d’euros de différence entre un ski « débutant » (peu ou pas renforcé) et un ski plus confirmé (plus renforcé, donc plus exigeant et plus adapté à un skieur puissant).
  • Les grandes oubliées sont souvent les peaux, alors que leur coût est loin d’être anodin (en moyenne 150 €).

 

Une bonne idée de cadeau à demander au Père-Noël ?

 

*Ludovic Faure, magasin Mountain Attitude, spécialiste ski rando-freeride

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